Le nom de la maison d’édition s’est imposé comme une référence évidente aux lettres et à la lecture. La Thébaïde se place en effet sous le signe de différentes acceptions.

C’est le désir d’un lieu sauvage, isolé et paisible où l’on peut mener une vie calme et retirée en compagnie de bons livres.

C’est un clin d’œil à Valery Larbaud, à la bibliothèque qu’il s’était fait construire dans un bâtiment indépendant et abritant cinquante mille volumes.

C’est un hommage assumé à la Résistance du Vercors qui désignait ainsi le château de Murinais à Saint-Marcellin, dont les occupants partageaient leur temps entre la réflexion intellectuelle et l’action clandestine avant de partir en équipes volantes dans le maquis. La Thébaïde fut un creuset et le laboratoire d’une utopie qui a rayonné, dans l’esprit du programme du Conseil national de la Résistance.

C’est l’héritage légué par la Grèce antique, sa mythologie, ses rois légendaires, sans oublier les ermites retirés dans le désert égyptien.

C’est une marque de respect à tous les auteurs qui ont utilisé ce beau mot dans leurs écrits : l’épopée poétique de Stace, la première tragédie de Racine ou encore Huysmans dans A Rebours.

Le catalogue sera le reflet de la volonté de constituer une collection d’ouvrages qui allie le plaisir de la lecture à celui de la réflexion. Il sera aussi le reflet d’une dilection particulière pour la littérature et le journalisme à la confluence de l’histoire.

Le projet éditorial s’appuie sur trois axes majeurs. D’abord, la collection  « Roman » privilégie la réédition de romans des années 1920 à 1950, qu’il s’agisse de premiers romans ou de romans primés d’auteurs aujourd’hui oubliés ou méconnus. Ensuite, l’édition d’articles de presse d’écrivains sous forme de recueil d’inédits en volumes dans la collection « Au Marbre ». Enfin, la collection « Histoire » recueille des textes en rapport avec la mémoire de ces années-là.

Le fondateur de La Thébaïde, Emmanuel Bluteau, est journaliste et auteur. Et, désormais éditeur.

Il considère qu’il est temps de changer de support, qu’il s’agit de passer de l’éphémère de la presse à la pérennité du livre, d’inscrire les mots sur du papier plutôt que subir les images des écrans. Perpétuer aussi le souvenir en entretenant la mémoire. Et résister à la vitesse d’une époque oublieuse en « cultivant son jardin ».

Voir l’article du Matricule des Anges