Lectures vagabondes, de Thomas Morales

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Lectures vagabondes, de Thomas Morales

Caractéristiques

Préfacé par Jérôme Leroy
Points forts
  • Le panache du beau style
  • Textes inédits en volume
  • Préface de Jérôme Leroy
Date de parution 16/10/14
Dimensions 12 x 20,5 cm
Nombre de pages 256 pages
ISBN 978-2-9539602-8-0

18,00 

Dans ce recueil, le lecteur est convié à un voyage au pays de la belle écriture en compagnie de mousquetaires au grand style. C’est aussi la redécouverte d’un paysage littéraire disparu où chaque écrivain exprime son terroir intime avec panache. Les Hussards et leurs descendants y tiennent une place de choix avec d’autres familles, tous partisans du livre qui n’endoctrine pas.

“ Mi-décembre, les prix littéraires ont presque tous été attribués. Mi-décembre, les critiques n’ont plus grand-chose à se mettre sous la dent. Il faut attendre fébrilement la fournée de janvier-février pour repartir à la traque aux bons livres, délicats produits de saison aussi rares qu’un foie gras artisanal ou un saumon sauvage. Le critique est comme un sportif professionnel : durant la trêve de Noël, il s’empâte. Son cerveau engourdi par plus de onze mois de compétition peine à s’émouvoir.

Mi-décembre, les critiques sont tristes. Ils se sentent mal-aimés. S’ils ont choisi ce métier, c’est bien par amour des livres. Ils se souviennent qu’enfants, ils passaient leurs vacances de Noël à lire. Moments suspendus. Bonheur intense où la littérature les protégeait et les élevait. Le sapin clignotait frénétiquement dans la grisaille berrichonne, les mères cuisaient la dinde en fumant, les pères ouvraient des huîtres en buvant, les cousines se chamaillaient en se pomponnant, les anciens se remémoraient le faste des messes de minuit d’avant-guerre en bridgeant. Le futur critique, lui, s’était enfermé dans sa chambre. A l’extérieur du monde réel et pourtant vibrant au moindre écho de ces préparatifs.

Cette année-là, il lisait Rue du Havre de Paul Guimard, il y était question d’un père Noël qui voulait abolir le temps et réunir deux êtres égarés dans la brutalité du monde moderne. C’est à cet instant-là, en refermant ce court roman publié en 1957, trouvé dans la bibliothèque familiale en version de poche de 1968 qu’il s’était dit que la littérature était un bonheur à partager. Il ne savait pas vraiment pourquoi, il n’avait pas encore les mots pour l’exprimer, mais ce soir-là, il se sentait bien. ”

 

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